Le "projet" du PS critiqué par Michel Rocard
"J'avais compris que tout était foutu dès lors que François Hollande avait décidé la règle de l'unanimité, c'est-à-dire la synthèse, une bêtise sympathique mais qui a engendré la confusion".
Pour l'ancien premier ministre "flingué" par Mitterrand, ce projet "nous isole de nos alliés sociaux-démocrates européens, interloqués, et nous ridiculise un peu". Il est en outre, "beaucoup trop cher alors que nous aurons à désendetter l'Etat".
Le PS évalue le coût net de ses mesures à 30,7 milliards d'euros, tandis que l'UMP à 115 milliards d'euros.
M. Rocard s'en prend également violemment aux présidentiables du parti, jugeant que "c'est une catastrophe et un vrai danger pour la France que la campagne ait commencé si tôt". "Il est trop tard pour arrêter la course, mais nous sommes fous de nous être ainsi laissé embarquer par les médias qui nous ont imposé leur calendrier et leurs critères de sélection, d'où sont exclues évidemment l'expérience et la compétence", explique-t-il.
"Or comment confier un trente tonnes bourré d'explosifs à des gens qui n'ont jamais conduit de poids-lourds", s'est demandé M. Rocard, en réponse à une question sur les 20 points d'avance engrangés par Ségolène Royal sur Lionel Jospin. M. Rocard fustige aussi les médias qui "tuent la politique" et "font courir un grave danger à la démocratie" en organisant des débats "à la cogne" et en faisant de l'élection présidentielle non plus "le choix d'un président mais l'étalonnage de tous les courants de pensée".
"La chance pour un candidat de figurer au second tour n'est liée qu'au degré d'explosion de son camp", déplore-t-il, en recommandant de "trouver un autre système que le suffrage universel pour élire notre président".
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