Les Jeunes actifs de l'UMP
Vu dans le Figaro de jour, trribune cosignée par notre ami Thierry RAMBAUD, membre de comite de circonscription UMP de notre ville et François GUEANT
Un nouveau souffle pour l'Union européenne
PAR FRANÇOIS GUÉANT ET THIERRY RAMBAUD *
S'ouvre, aujourd'hui, à l'invitation de Nicolas Sarkozy, la Convention pour
un projet populaire sur l'Europe. Jusqu'à demain, samedi 24 septembre, élus
et militants vont débattre pour élaborer et porter ensemble le projet
européen de l'UMP. Mais comment parler de l'Europe après le choc du 29 mai ?
Qu'une si large majorité de Français se prononce en faveur du non doit
d'abord être interprété comme une réplique du séisme du 21 avril 2002. Cela
a été dit, écrit et souligné à juste titre. Pour autant, ceux qui, réduisant
l'issue du référendum à la seule volonté de sanctionner le gouvernement
Raffarin (épreuve que subissent tous les gouvernements depuis 20 ans),
croient pouvoir se dispenser de toute réflexion en profondeur sur l'Europe,
se trompent précisément sur la très grave crise que traverse la vie
politique française. Il faut entendre ce que les Français ont dit sur
l'Europe le 29 mai. Il n'y a qu'à prendre l'exemple des jeunes qui sont
entrés ou se préparent à entrer dans la vie active. Les 18-34 ans ont voté à
plus de 60% contre le traité établissant une Constitution pour l'Europe.
On a beaucoup entendu parler, lors de la campagne référendaire, de projet
européen. Mais pour cette génération née après 1968, marquée par un taux de
chômage deux fois plus élevé et un pouvoir d'achat très sensiblement dégradé
(en 1970, le salaire annuel d'un quinquagénaire était de 15% supérieur à
celui d'un trentenaire ; il l'est aujourd'hui de plus de 40% !), l'Europe
n'est plus un projet, mais d'abord un héritage. C'est pourquoi il nous faut
inventer une nouvelle ambition européenne. Une ambition qui permette de
libérer le débat politique français de ce qu'on pourrait appeler le spectre
de l'Appel de Cochin dont la cible, durant la campagne des partisans du non,
a tristement pris le visage du plombier polonais. Une ambition qui, dès
lors, suppose plusieurs attitudes : 1) Avoir le courage d'ouvrir le débat
sur la nature de l'Europe. Première exigence, cesser de saucissonner le
débat européen pour reprendre l'expression de Pierre Lellouche : une avancée
monétaire avec le traité de Maastricht, le renforcement du contrôle des flux
migratoires avec Amsterdam, une timide réforme institutionnelle avec Nice...
C'est l'exigence d'une Europe politique. Seconde exigence, celle des
frontières géographiques qu'il convient de fixer à l'Europe. Ignorer les
limites de l'élargissement, c'est prendre le risque de diluer l'idée
européenne en tant que telle. 2) Redonner du sens à la construction
économique sous l'angle de la préférence communautaire. L'Europe inquiète,
alors qu'elle a été conçue pour protéger et défendre nos intérêts par
rapport aux autres grandes régions du monde. Défendre nos industries,
défendre le secteur agricole et nos services... C'est la raison d'être de
l'Union européenne et tout le sens d'une économie sociale de marché
hautement compétitive. 3) Admettre que la relance du projet européen ne peut
plus s'articuler autour du seul axe franco-allemand. Les rapports de force
ont évolué en Europe et nous sommes loin des conditions qui préexistaient à
la conclusion du traité de l'Elysée en 1963. Il nous faut trouver les voies
d'une nouvelle coopération étroite avec l'Espagne, l'Italie, le Benelux, la
Pologne. L'Allemagne, elle-même, a tendance à se tourner toujours davantage
vers l'Est en dépit de la volonté affichée par le gouvernement Schröder !
Comment continuer à négliger les liens privilégiés qui nous unissent à nos
amis des Pays de l'Europe centrale et orientale (Peco) entrés dans l'Union
depuis le 1 er mai ? Cela suppose naturellement qu'à l'égard de ces pays, la
diplomatie française ne s'oublie pas, y compris en cas de graves désaccords
comme en 2003, au point de les qualifier de mal élevés, ou de souligner
qu'ils ont perdu une occasion de se taire pour la seule raison qu'ils sont
de nouveaux adhérents. Où est ici la grandeur de la France ? En dépassant,
dans une Europe bientôt à 27 avec la Roumanie et la Bulgarie, le seul axe
franco-allemand et en éclairant ainsi la nature et les raisons d'être du
projet communautaire, nous serons en mesure de réinventer une ambition
européenne. Et d'apporter des réponses aux inquiétudes exprimées par nos
concitoyens le 29 mai. La question des délocalisations, par exemple, ne doit
pas être un sujet tabou dans le cadre de nos discussions communautaires. Il
est légitime que les nouveaux Etats membres réduisent chez eux la pression
fiscale afin de renforcer leur attractivité, et c'est le nouveau commissaire
européen à la Fiscalité, Laszlo Kovacs (Hongrie), qui vient de le rappeler.
Mais comment ne pas souscrire à la proposition de Nicolas Sarkozy lorsque,
dans son appel d'Avoriaz, le 4 septembre 2004, il déclarait : «Je propose
que tout pays dont la moyenne des impôts serait significativement inférieure
à la moyenne européenne ne puisse accéder aux fonds structurels que, selon
des critères d'attribution fortement dégressifs, voire qu'ils n'y aient plus
droit lorsque leurs taux d'imposition sont réduits à presque rien» ?
Aujourd'hui, l'Europe a besoin d'un nouveau souffle. Pourquoi la France ne
serait-elle pas à même de le lui donner ? Le non au référendum n'est pas un
refus de l'Europe, mais un signal fort des Français pour une Europe visible,
une Europe ambitieuse qui suivra les perspectives économiques,
technologiques, sociales et culturelles tracées de nouveau par la France.
* Délégué national des Jeunes Actifs UMP ; maître de conférence à Paris II
et membre des Jeunes Actifs UMP





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